Point d’Actu 021 - Prix Carbet des lycéens 2014 - 2ème prix de critiques pour Kristy FRANCIS-DARIN (2nde01)
Article mis en ligne le 27 février 2014, par CDI  
Imprimer l'article imprimer


Trois élèves de la classe de 2nde01 de madame DAIBISSARAM (professeure de Français) concouraient cette année pour le Prix de la critique littéraire du Prix Carbet des lycéens 2014. C’est Kristy FRANCIS-DARIN pour sa critique de «  La vie sans fards  » de Maryse CONDÉ qui remporte le 2ème Prix. Félicitations à Kristy qui a dignement représenté le lycée lors de la remise des récompenses le 19 février dernier ! Nous reviendrons dans quelques jours sur l’ensemble des productions et manifestations réalisées lors de ce fructueux prix 2014.

CRITIQUE de Kristy FRANCIS-DARIN, élève de 2nde01, LGT Baimbridge

« La vie sans fards » de Maryse CONDE chez Lattès

La vie sans fards. A première vue un titre simple, sans ambiguïté aucune. Immédiatement se profile cette pensée dans mon esprit : « une autre autobiographie, des bouts de vérités étouffées dans un tissu de mensonges : un classique… ». Cependant, ce titre pourtant si simple indique déjà la particularité de cet ouvrage. La vie sans fards, c’est la vie sans frivolités, sans mensonges ; c’est la vie, de manière crue, véridique, la vie ordinaire. Dans ce roman, le portrait d’une femme, bouleversée, troublée, rattrapée, désabusée par la dure réalité du monde, en quête de ses origines, ses racines, sa mère natale, l’Afrique, en quête d’une identité dans cet amoncellement d’incertitudes qui la tourmentent. Lors de la visite de sa belle-mère par exemple, elle ne se sent pas intégrée, presque comme une étrangère et de ce fait s’interroge sur son identité : est-elle réellement africaine comme elle l’imaginait au début ? A-t-elle vraiment sa place dans ce pays ? L’autre sujet de réflexion concerne les diverses tensions politiques dans les nombreux pays qui ont jalonnés son parcours : des régimes dictatoriaux prônant la liberté mais qui couvent de nombreuses ignominies. On suit la progression de cette dernière, pas à pas, on apprend à la connaître, à la comprendre, on évolue avec elle, on partage ses joies, ses peines, ses déceptions, ses souffrances ; effet accentué par la présence d’événements très intimes. Ce souci de transparence en a choqué plus d’un : nombreux sont ceux qui se sont soulevés, s’offusquant de la présence de trop nombreux événements personnels ce qui étaient selon eux fort déplaisants, déplacés et peu convenables.

Pour ma part c’est le premier roman autobiographique où je retrouve une sincérité inégalable, où j’ai la sensation de vivre, d’être actrice et non spectatrice de la vie du protagoniste. Cette jeune femme se forge, en commettant des erreurs, faisant des choix parfois contraignants voir quelquefois douloureux comme tout un chacun : la séparation avec son fils Denis dont elle ne peut plus subvenir aux besoins ou encore les nombreuses alliances « forcées » avec certains personnages de la gente masculine pour se procurer un certain niveau de vie. Aucun procédé « euphémisant » pour cacher les moments les plus sombres ou honteux de l’existence de Maryse CONDE. Au contraire, celle-ci cherche à donner une image la plus exacte de ce qu’a été sa vie, la vie d’une femme noire à cette époque. Cette œuvre m’a émue car je ressentais, je partageais presque les sentiments de cette femme. Femme qui, je dois le souligner, a eu le courage de raconter sa vie, et donc indirectement celles de ses proches, sans retenue au soir de sa vie estimant qu’elle n’avait rien à perdre et ce malgré toutes les conséquences que cela impliquait.

La vie sans fards est un roman autobiographique époustouflant par sa franchise où se mêlent tendresse, tristesse, honte, souffrance, désespoir, joie et émerveillement. Une œuvre émouvante, attendrissante, touchante, même un peu brutale parfois, mais qui porte à réflexion sur notre société, ses mœurs, ses cotés obscurs. Ce roman nous ouvre les yeux, nous faisant découvrir le monde qui nous entoure d’un autre point de vue, celui d’une femme noire, guadeloupéenne. En tant que jeune fille et future femme, je me sens d’autant plus concernée par cet ouvrage car le témoignage d’une femme de couleur, racontant tout ce qu’elle a dû faire, endurer, m’interpelle d’autant plus

La vie sans fards : formidable œuvre autobiographique, combat d’une femme noire.

  • Toute l’info du Prix Carbet des lycéens 2014 sur le portail du CDI
Le forum 
Ce site à reçu 3453028 visites  dont 561 aujourd'hui - Moyenne : 1012 visites/jour - Maxi/24 h : 5660 visites le 03/10/2017
SPIP | D'après le squelette Durzy - V 0.8.3.5 - 2007 | Plan du site | Espace Auteurs | Suivre la vie du site  RSS 2.0