Projet « Bouteille à la mer »

AVIS AUX LYCÉENS DE BAIMBRIDGE - Pour une grande aventure cinématographique : bientôt le casting ! Rendez-vous dès 8h15, le vendredi 9 janvier 2015 en salle T32. Les textes du casting disponibles ci-dessous...

Article mis en ligne le 19 décembre 2014, par LGT Baimbridge  
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Casting

Casting Fille

Lettre d’Emma :

Pourquoi ça ne s’arrête jamais ? Je souhaiterais m’endormir et que ce soit un mauvais rêve. Cette maladie me tue peu à peu moralement. Je ne peux pas trouver le bonheur si à chaque bon moment ces symptômes me ramènent à la réalité. Un état anémique qui n’en fini pas… Et ces putains de douleurs au ventre, parlons en, quand est ce qu’elles me laisseront du répit ?

Je suis seule face à tout ça, je n’arrive pas à profiter de ma jeunesse. « Les années lycée sont les meilleures années de ta vie » mon cul oui ! Si tout le reste de ma vie est comme ça à quoi bon être sur Terre ? Je ne joue pas au suicidaire mais quelle vie ! Je n’arrête pas de me battre pour la garder, pour survivre, je n’en ai pas le choix et quand je m’en plains je ne vois que de la pitié à mon égard, je ne veux pas de pitié, je veux qu’on m’écoute et que l’on m’amène loin de tous ces soucis. J’écris mon désespoir parce que je n’ai personne à qui le dire, personne pour me comprendre. Mes parents essaient du mieux qu’ils peuvent pour m’apporter du réconfort mais je ne lis que de la tristesse dans leurs yeux. Leur vie aurait pu être plus épanouie si je n’étais pas malade, si je n’étais pas là. Je m’en veux tellement de leur faire vivre ça, mais s’ils savaient la chance qu’ils ont d’avoir été épargnés malgré leurs gènes.

Je ne souhaite ça à personne, oui personne. Ils me jugeaient dans mon ancien lycée car je ratais souvent les cours, je leurs disais que je ne voulais pas y aller, je préfère encore du mépris à de la pitié, mais si ils savaient… S’ils savaient à quel point j’aurais voulu être en cours toutes ces heures plutôt qu’à l’hôpital. Je ne supporte plus l’hôpital, cette odeur, cette peur dans le regard des gens, ces souffrances. Je sais ce que c’est, ça parait peut être horrible mais ma souffrance est déjà assez grande pour que je vois celle des autres, autant tomber en dépression. J’en ai marre de faire semblant que je suis forte, j’ai besoin d’aide… Besoin de joie dans ma vie.

Casting Garçon

Vincent : C’est fou comme ça te fait réfléchir sur ta vie, tu te concentres sur des petits problèmes, tu te plains quand d’autres vivent avec d’énormes problèmes. Mais qui a jeté ça ? Je crève d’envie de savoir. Je ne sais pas mais j’aimerais sortir cette personne de cette vision pessimiste malgré son mal-être, la faire rire et lui dire que malgré tout la vie vaut la peine d’être vécue.

Je sais trop bien ce que c’est de perdre quelqu’un de cher, je pense que cette personne ne se rend pas compte de la douleur qu’elle infligerait aux gens qui l’aiment, parce que cette douleur je ne la souhaite à personne. Ne faire vivre quelqu’un qu’à travers des souvenirs c’est une torture, oublier peu à peu le visage et sentir ce vide… ça te suit partout. Je ne peux pas laisser cet individu comme ça, je lui apporterai ce que je n’ai jamais pu apporter à ma sœur : de l’espoir. Il faut que je prenne contact, mais je ne sais pas qui c’est, je sais simplement que cette personne est venue ici.

Peut-être que si je laisse à mon tour une lettre, elle la trouvera …Il faut faire vite.

Il court jusqu’à chez lui et va directement s’assoir à son bureau et se met à écrire.

Cher(e) inconnu(e), J’ai trouvé ta lettre, je pense qu’elle ne m’était pas adressée et que ce n’était qu’un simple défouloir mais ton désespoir m’a touché. Tu t’es battue jusqu’ici, tu as une très grande force mentale même si tu te sens à bout, ne doute pas de ta capacité à surmonter les épreuves. Si tu as besoin de quelqu’un à qui parler sache que je suis là ! Bon, tout d’abord pourquoi discuterais-tu avec un inconnu ? Hé ben parce que je suis un inconnu très spécial. Il y a quelques années j’ai perdu ma sœur, elle avait les mêmes symptômes que toi, elle était drépanocytaire. Elle avait 8 ans et une infection s’est compliquée. Je me revois encore près de son lit, mort de trouille, en pleures et elle m’a caressé la main en me disant « Ne pleure pas, tu sais qu’au fond je serais toujours là dans ton cœur. » Même dans les derniers instants elle a été courageuse, parce qu’elle avait déjà beaucoup souffert et qu’elle voulait nous faciliter la tâche. Quand tu as parlé du regard triste de ta famille je comprends maintenant pourquoi elle voulait être si forte. Sache que même si tu te dis que ta vie ne vaut rien, si tu es toujours parmi nous, c’est qu’elle vaut la peine d’être vécue. Sois heureuse d’avoir défié la mort et d’être encore vivante. Je ne dis pas que tes douleurs ne valent rien, simplement qu’elles ne doivent pas réduire ta vie à néant, ta famille t’aime et tu aimes ta famille, il ne faut pas penser que le bonheur est constant et que c’est un but, le bonheur c’est tout ces beaux moments au quotidien... Profite des années que ma sœur n’as pas eu, s’il te plait ne pense pas à la mort, c’est un vide pour tout le monde. Je ne sais pas si tu verras cette lettre, je tente le coup j’espère que l’inconnu que je suis t’auras apporté du réconfort, je reviendrai souvent prendre de tes nouvelles. Je voudrais simplement te dire de prendre soin de toi, de ne pas être contaminée par la mélancolie.

Guy Finley dit : « Si la vie vous jette par terre, levez les yeux : il y a des étoiles au dessus de vous ». A bientôt,

La Terminale L1

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