Parcours d’excellence en Guadeloupe - Etude sur les CPGE scientifiques
Article mis en ligne le 6 avril 2011, par Proviseur adjoint  
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A l’heure où de nombreux dispositifs sont mis en place pour promouvoir l’égalité des chances, l’objet de cet article est de tenter de répondre à 3 questions :

  • les étudiants de l’Académie de Guadeloupe se lancent-ils en nombre suffisant dans les filières d’excellence, filières qui permettent d’accéder au statut de cadre supérieur ?
  • ces étudiants qui osent se lancer dans ces filières sont-ils suffisamment armés pour réussir ?
  • à chaque niveau, que pouvons-nous faire pour promouvoir l’égalité des chances ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous allons étudier un dispositif présent sur notre Territoire : Les Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles Scientifiques.

Notons que d’autres filières d’excellence sont aussi présentes sur l’Académie, ou en Métropole. Le choix des CPGE Scientifiques pour cette étude offre l’avantage de représenter le plus grand nombre : environ 130 jeunes Guadeloupéens par an.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, le premier paragraphe présente succinctement les CPGE Scientifiques.

1. Qu’est ce qu’une Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles (CPGE) ?

Les Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles scientifiques, plus connues sous le nom de « Math Sup » et « Math Spé », se déclinent sur quatre filières classées par discipline dominante :

  • Les Mathématiques, Physique et Sciences de l’Ingénieur : MPSI
  • La Physique, Chimie et Sciences de l’Ingénieur : PCSI
  • La Physique, Technologie et Sciences de l’Ingénieur : PTSI
  • La Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre : BCPST

L’académie de la Guadeloupe est bien dotée car un étudiant peut suivre sa scolarité sur place dans la filière de son choix (notons que toutes les Académies ne disposent pas d’un dispositif aussi complet). Les classes de MPSI, PCSI et BCPST sont situées au LGT BAIMBRIDGE, la classe de PTSI est située au LPO Charles COEFFIN.

L’objectif de ces classes est de préparer les étudiants à poursuivre leurs études en Ecoles d’Ingénieurs. Les cours scientifiques dispensés sont d’un haut niveau, une part importante du volume horaire est consacrée aux Langues Vivantes et à la Philosophie.

Suite aux concours en fin de deuxième année, l’étudiant de « Math Spé » choisit son affectation en fonction de son classement dans une des 250 Ecoles d’Ingénieurs que compte la France. Les secteurs d’activité de ces Ecoles sont très variés : l’Aéronautique, l’Informatique, la Chimie, les Travaux Publics, le Bâtiment, L’Environnement, l’Industrie Agroalimentaire…

Notons aussi que certaines professions spécifiques recrutent en grande partie dans ces classes : Pilotes de ligne, Vétérinaires, Officiers dans l’Armée (Armée de Terre, Marine et Armée de l’Air).

L’intérêt d’accéder à ces formations est très clair : L’étude de l’insertion des jeunes Ingénieurs diplômés en 2009 montre que 76,4% d’entre eux trouvent un emploi en moins de 2 mois, à un salaire annuel moyen brut (primes comprises) de 2900 € par mois.

Pour être complet, rappelons qu’une CPGE littéraire, plus connue sous le nom d’Hypokhâgne, est présente au lycée Gerville Réache de Basse Terre.

2. Les jeunes Guadeloupéens se lancent-ils en nombre suffisant dans ces filières d’excellence ?

Selon les statistiques nationales, une fois le baccalauréat obtenu, environ 15 % des étudiants de Terminale S s’orientent en Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles Scientifiques. En 2009 et 2010, l’Académie de Guadeloupe comptait 1200 étudiants de Terminale S. Le nombre d’étudiants inscrits en CPGE Scientifiques aurait dû avoisiner les 180.

L’offre CPGE en Guadeloupe est complète (4 classes : 3 au LGT Baimbridge, 1 au LPO Charles COEFFIN) et pourtant seulement 124 élèves étaient présents dans ces classes en septembre 2009, 115 présents en septembre 2010.

Les départs pour d’autres CPGE en Métropole (environ 20 élèves par an) ne peuvent expliquer un écart aussi important : en comparaison à une Académie de Métropole, près d’un tiers des élèves manque à l’appel !

Pour bien mesurer les choses, si 15% des étudiants de Terminale S doivent suivre ces cursus, cela implique que 4 à 5 élèves par classe de 30 doivent aller en CPGE scientifique. La moyenne de notre Académie se situe autour de 2 à 3 par classe de 30 élèves. Le constat est sans appel : Trop de jeunes Guadeloupéens n’osent pas se lancer dans ces filières d’excellence.

3. Les Etudiants qui osent se lancer dans ces filières sont-ils suffisamment armés pour réussir ?

Attendu qu’un grand nombre d’élèves manque à l’appel en CPGE, étudier les résultats de ces CPGE dans leur globalité n’aurait aucun sens. Rappelons-nous les ordres de grandeurs : 4 à 5 élèves par classe doivent aller en CPGE scientifique. Cette situation s’est produite en 2008 dans un lycée de l’Académie. Ainsi suivre cet échantillon des bacheliers scientifiques concernés semble pertinent.

Ce groupe de 13 élèves, originaires de 3 classes d’un même lycée de l’Académie, a suivi le cursus CPGE en Guadeloupe. Ces élèves sont tous passés en « Math Spé » et se sont présentés aux concours en mai 2010. Nous allons analyser leur parcours.

Intéressons-nous d’abord à leur niveau en Terminale S :

  • 1 avait plus de 17 de moyenne générale en Terminale S.
  • 4 avaient entre 14 et 15 de moyenne générale en Terminale S.
  • 8 avaient aux alentours de 12 de moyenne générale en Terminale S.

Intéressons-nous ensuite à leur devenir après deux ans de formation en Guadeloupe :

  • 4 d’entre eux ont été admissibles dans de très Grandes Ecoles (ENS, Concours Mines et Centrale). 3 parmi ces 4 ont accepté leur affectation dans de Grandes Ecoles (Petite Mines, ENSEIRB, Sup Galilée) ; la quatrième a préféré redoubler pour viser plus haut.
  • 7 autres ont été admis dans des Ecoles d’un niveau honorable.
  • 2 n’ont pas été admissibles en Ecoles d’Ingénieurs et sont actuellement en L3.
  • tous ont réussi leur pari, tous sont au moins passés au niveau L3 en deux ans.

En conclusion : Il y a du talent en Guadeloupe, notre jeunesse est capable de se confronter aux Concours Nationaux et de réussir. Quant à nous, nous sommes capables de les former tout au long de leur cursus et de les amener au plus haut niveau.

4.Que pouvons-nous faire pour promouvoir l’égalité des chances ?

Cette étude tend à démontrer que notre Académie ne doit souffrir d’aucun complexe. Nous devons inciter notre jeunesse à viser l’excellence et démystifier ces parcours.

Plusieurs opérations sont en cours pour inciter un nombre plus grand d’élèves à rentrer en CPGE scientifique :

  • présentation des CPGE dans toutes les Terminales S de l’Académie.
  • présentation aux Professeurs de Mathématiques et Professeurs Principaux.
  • mise en place des « cordées de la réussite ».
  • création d’un lien plus étroit entre les Enseignants de CPGE et du Secondaire.

Si vous le souhaitez, nous serions très heureux de vous associer à ces démarches ; nous sommes ouverts à toute nouvelle proposition. Avec votre aide, nous avons bon espoir de faire évoluer les choses dans le bon sens.

Pour les équipes Pédagogiques du LGT Baimbridge et du LPO Charles COEFFIN Jérôme OLIVE (Professeur Agrégé de Science Physique, BCPST LGT Baimbridge)

Bibliographie :

  • Note de la DEPP de mars 2010 : statistique nationale (France métropolitaine + DOM) en septembre 2008.
  • INSEE : http://www.insee.fr/fr/themes/table...
  • Conférence des Grandes Ecoles, 08 octobre 2010, www.cge.asso.fr
  • Rapport de l’Inspection Générale : La politique de l’orientation de l’Académie de la Guadeloupe, Philippe FORSTMANN et Jean-Louis DURPAIRE, 2007.
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